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L’arthrose du genou (ou gonarthrose)

L’articulation du genou est constituée par les surfaces articulaires cartilagineuses du fémur, du tibia et de la rotule.

L’arthrose du genou, ou gonarthrose, est une détérioration progressive du cartilage articulaire d’un ou de plusieurs compartiments du genou. Il s’agit d’un processus irréversible.
La rapidité de la destruction articulaire est variable, de quelques mois, à plusieurs années.
Elle s’accompagne souvent de déformation de l’articulation, d’enraidissement et donc de limitation des mouvements.

La chirurgie devient la seule solution lorsque la situation n’est plus acceptable par le patient, surtout du fait de la douleur, que le traitement médical n’est plus efficace, et que les examens complémentaires (radiographies) mettent en évidence une arthrose évoluée. Ce traitement chirurgical est le remplacement de l’articulation par une prothèse totale de genou.
L’indication opératoire dépend surtout de la douleur et de la gêne fonctionnelle (limitation de la mobilité articulaire, retentissement sur la marche…). La décision du moment de l’intervention incombe au patient, et à personne d’autre.

C’est la cause de douleur du genou (gonalgie) la plus fréquente après 50 ans. Cette douleur peut être chronique (présente en permanence) ou évoluer par crise (poussée d’arthrose).

Le principal bénéfice à attendre du traitement proposé est la suppression des douleurs, et ainsi retrouver une déambulation indolore.

Les traitements de l’arthrose du genou

Le traitement médical, antalgiques, anti-inflammatoires, protecteurs du cartilage (chondro-protecteurs), les règles hygiéno-diététiques (exercice physique, perte de poids…), ou une visco-supplémentation (infiltration intra-articulaire d’un produit huileux) permettent éventuellement de patienter avant la chirurgie.

Nous vous proposons de demander conseil à votre Médecin Traitant ou à votre Rhumatologue.

Principe de la chirurgie prothétique du genou

Le but de l’intervention est de remplacer les surfaces articulaires dégradées de votre genou par une articulation artificielle appelée prothèse totale de genou. L’intervention est réalisée dans un bloc opératoire hyper-aseptique sous anesthésie générale ou rachi-anesthésie. Elle dure environ 1 heure.
Cette intervention peut éventuellement être réalisée avec l’aide d’un système de capteurs optiques fixés sur les os, couplés à un ordinateur, afin d’aider le chirurgien dans la pose de la prothèse. On peut comparer ce système à un GPS que l’on utilise en voiture. Ce système de « navigation » est une aide supplémentaire pour le chirurgien, mais ne constitue pas une garantie absolue d’une meilleure pose de la prothèse.
Nous utilisons également fréquemment des guides de coupes osseuses fabriqués sur mesure, et parfaitement adaptés à votre genou, à condition d’avoir réalisé un scanner ou une IRM spécifique avant la chirurgie. Cet examen sera, si besoin, prescrit exclusivement par votre chirurgien.

L’incision est située sur la face antérieure du genou (sur le devant du genou). L’articulation est ouverte, exposant les surfaces articulaires. La voie d’abord chirurgicale utilisée est une voie d’abord dite « mini-invasive » (respect maximum des plans anatomiques et des muscles), afin de permettre une récupération post-opératoire la plus rapide possible. Les ligaments croisés, les ménisques et les ostéophytes (excroissances osseuses), sont enlevés.

Un ensemble d’instruments (ancillaire) permettant de prendre des mesures et de réaliser des coupes osseuses spécifiques est fixé sur votre genou. Ces coupes permettent de retirer le cartilage abîmé et d’adapter les os à la forme de la future prothèse. (Le cartilage de la rotule est aussi retiré). Une fois les coupes osseuses réalisées, une prothèse d’essai est mise en place afin de vérifier l’axe de votre jambe, et la stabilité de votre genou.

Après validation des pièces d’essai, la prothèse définitive est fixée. L’articulation est abondamment lavée puis la fermeture de la capsule articulaire et des différents plans superficiels est réalisée. A la fin de l’intervention, le genou sera infiltré avec un mélange d’un anesthésique local et d’un anti-inflammatoire afin de gérer au mieux la douleur post-opératoire. Un cathéter (petit tuyau) sera laissé en place dans l’articulation afin de réinjecter le même type de produits le lendemain de l’intervention, pour prolonger l’antalgie post-opératoire.

Un pansement est mis en place et sera laissé sans y toucher pendant 8 jours. Une surveillance post-opératoire brève est nécessaire en salle de réveil avant de regagner votre chambre. La prise en charge de la douleur se fera par l’administration d’antalgiques adaptés. Les fils mis en place pour la fermeture de la peau sont résorbables et ne sont donc pas à retirer.

Préparation avant l’opération

Vous devrez signaler à l’équipe du Dr VILLEMINOT, ainsi qu’à votre médecin traitant et à votre anesthésiste, tout problème de santé récent. Il est important de préciser votre traitement actuel complet et de signaler toute allergie connue.

Pour réduire au minimum le risque infectieux, l’équipe chirurgicale vous demande de prendre les PRÉCAUTIONS suivantes :

Les jours qui précédent l’opération

Vous ne devrez présenter aucune infection dans les 10 jours qui précèdent votre intervention (grippe, angine, panaris, infection urinaire ou de la peau, abcès dentaire, sinusite, toux grasse…).

L’apparition d’une infection doit conduire au report de l’intervention.

Le matin de l’opération
  • Retirez avant l’hospitalisation tous vos bijoux (bagues, piercing éventuels…) et ne pas les remettre jusqu’à votre sortie de l’hospitalisation.
  • Retirer avant l’hospitalisation tous les éléments de maquillage (vernis à ongles, fards, etc…).
  • Prendre une DOUCHE COMPLETE (y compris cheveux) au savon doux en vous lavant méticuleusement à deux reprises, en insistant sur les aisselles, l’ombilic (nombril), la région urogénitale et les pieds. Il faut bien faire mousser et rincer le savon. Pour vous essuyer, prenez une serviette propre qui sort de l’armoire.
  • Habillez-vous uniquement avec des vêtements parfaitement propres dès la veille de l’opération (sous-vêtements et chaussettes inclus). Ces vêtements doivent sortir de l’armoire.

Pour votre confort lors des changements de pansement, il serait préférable d’éliminer de trop long poils qui pourraient être arrachés avec le pansement. Une TONTE mécanique non irritante, la plus restreinte possible, est conseillée : pas de rasage avec une lame qui blesse la peau qui constitue alors un « nid à bactéries ».

Suites postopératoires et surveillance

Le jour même après l’intervention

Vous serez conduit en salle de réveil où vous serez surveillé jusqu’à votre réveil complet. Vous regagnerez votre chambre lorsque le réveil sera complet et votre douleur post-opératoire considérée comme bien contrôlée. Votre genou sera refroidi pour lutter contre l’inflammation avec une attelle spécifique qui exercera un massage par pression alternative et du froid, par circulation d’air et d’eau froide dans un manchon spécifique.

Les perfusions seront retirées et le premier lever effectué dès le retour du bloc opératoire. Une radiographie de contrôle post-opératoire sera réalisée avant votre sortie de la clinique. Puisque l’intervention vous sera préférentiellement proposée en ambulatoire, vous quitterez la clinique pour rentrer chez vous dans les heures qui suivront la chirurgie.

Les jours suivants l’opération

Une réinjection d’anesthésique local et d’anti-inflammatoire dans votre articulation sera réalisée le lendemain de l’intervention grâce au cathéter mis en place dans votre genou. Ceci permet une gestion optimale de la douleur post-opératoire. Une prévention des caillots de sang dans les veines (phlébite ou embolie pulmonaire) est nécessaire par une injection sous-cutanée d’un produit anticoagulant, tous les jours pendant 15 jours, avec des contrôles sanguins hebdomadaires.

La rééducation est débutée avec le kinésithérapeute dès le lendemain de l’intervention. Un endolorissement et une faiblesse du genou peuvent être présents dans les jours qui suivent l’opération. Les seules limitations dans votre rééducation seront une éventuelle fatigue ou des phénomènes douloureux. Vous serez maître de vos mouvements, et personne d’autre que vous ne devra les limiter.

Le deuxième jour

Le travail de reprise de la marche avec ou sans béquilles se fera selon vos aptitudes.

Les jours suivants

Vous devrez vous conformer aux recommandations particulières à chaque personne pour la rééducation. Mais si vous avez décidé de vous faire opérer, c’est pour pouvoir retrouver une autonomie maximale. Marchez, bougez, autant que vous le souhaitez ou que vous le pouvez. Le risque de complications est bien plus grand si vous ne bougez pas.

A distance de l’intervention

La rapidité de la récupération post-opératoire peut être très variable d’une personne à l’autre. En moyenne, la reprise de la marche sans cannes, est obtenue entre 2 et 4 semaines. Il est souhaitable d’obtenir une flexion de votre genou à 90° (angle droit), avant la 6ème semaine.

Les complications chirurgicales possibles

Toute intervention chirurgicale est soumise au risque de complication précoce ou tardive. Cette liste n’a pas pour but de vous effrayer, mais elle doit vous aider à prendre conscience qu’une opération chirurgicale est un acte sérieux qui peut avoir des conséquences inattendues.

Le docteur VILLEMINOT souhaite vous délivrer une information précise avant l’intervention pour vous aider dans votre choix thérapeutique. Aucune complication possible n’est passée sous silence. Le risque de voir apparaître une complication dépend du sérieux de votre préparation pré-opératoire décrite au chapitre correspondant. La connaissance que vous aurez de ces risques nous aidera à les prévenir, à les déceler tôt et y faire face pour en réduire les répercussions.

Lors de la consultation, votre Chirurgien vous a indiqué que l’intervention chirurgicale proposée était opportune en comparaison aux autres traitements possibles de votre maladie (médicaments contre la douleur, anti-inflammatoires, repos articulaire, mise en décharge, pratique d’une rééducation, immobilisation temporaire, infiltration…). La consultation est un moment privilégié de discussion mais peut être n’avez vous pas retenu toute l’information qui a été alors donnée. Ce chapitre vous rappelle les principales informations délivrées notamment sur les risques graves y compris vitaux communs à toutes les interventions chirurgicales.

Les risques liés au type d’anesthésie vous seront exposés par les médecins anesthésistes en consultation. La consultation anesthésique préopératoire a pour but de déceler ces risques et d’envisager, au besoin, des bilans complémentaires, des précautions voire de vous contre-indiquer pour l’opération souhaitée. Le taux de complication est faible. Il varie en fonction de votre âge, de votre état de santé (hypertension artérielle, diabète, insuffisance rénale, excès de consommation d’alcool, tabagisme, excès de poids, allergies, ostéoporose, anomalies anatomiques, pathologie cancéreuse, etc…). Il est difficile de donner des pourcentages de complications car les risques dépendent essentiellement de la réactivité propre de chacun. La fréquence des infections est faible, cependant ce risque doit vous être signalé.

Le caractère de chacun, la volonté de guérir, la motivation et le respect des traitements prescrits sont des facteurs importants, nécessaires voire indispensables au bon rétablissement!
Malgré le bilan préopératoire, certaines découvertes durant l’intervention peuvent justifier de la part de votre chirurgien une modification du plan établi initialement et une adaptation du geste chirurgical.

Les complications opératoires

Une fracture du fémur, du tibia, ou de la rotule peuvent être constatés. Ce risque est accentué par une ostéoporose. Cette fracture peut justifier une extension du geste chirurgical pour réparer l’os fracturé (ostéosynthèse). Ceci peut entraîner une impossibilité de s’appuyer sur le membre opéré pendant le temps de consolidation osseuse. L’atteinte d’un nerf, d’un vaisseau, d’un tendon, d’un muscle ou d’un os avoisinant sont des complications possibles. L’atteinte d’un nerf peut entraîner une paralysie plus ou moins complète et une altération de la sensibilité allant de l’anesthésie cutanée, à l’apparition de douleur de type « décharge électrique » dans la zone concernée.

L’atteinte d’un vaisseau (veine ou artère) peut entraîner un saignement nécessitant des transfusions sanguines ou une réparation directe nécessitant de nouvelles incisions. En outre, un saignement très important peut mettre en jeu votre pronostic vital et entraîner le décès pendant ou après l’intervention.

Les complications précoces

Les allergies, les problèmes cardio-pulmonaires, digestifs, neurologiques ou infectieux peuvent survenir, nécessitant une réanimation post opératoire prolongée dont l’issue peut être fatale.

Exemples de complications :

Les anti-inflammatoires prescrits contre l’inflammation et la douleur peuvent agresser l’estomac entraînant soit une « simple » inflammation (gastrite), soit un ulcère d’estomac. Une désunion de la cicatrice, un hématome ou une nécrose de la peau peuvent apparaître et nécessiter une reprise chirurgicale. Les anticoagulants qui vous seront prescrits pour prévenir les phlébites et les embolies pulmonaires peuvent favoriser l’apparition d’un hématome, d’une hémorragie ou une chute des plaquettes sanguines.

La phlébite est un caillot de sang dans une veine, dont la conséquence la plus grave est le déplacement du caillot sanguin dans les poumons (embolie pulmonaire) qui peut entraîner un décès. La phlébite peut survenir du côté opéré, ou du côté opposé. Cette complication sera prévenue au mieux par une injection d’héparine ou par un anticoagulant oral, tous les jours pendant plusieurs semaines. Le port des bas de contention est important, ainsi que le levé précoce le lendemain ou le surlendemain de l’opération. La marche et la poursuite du traitement anticoagulant efficace après l’intervention sont le plus souvent les meilleurs moyens d’éviter ces complications.

Les complications plus tardives :

Une décalcification du membre appelée algodystrophie ou algoneurodystrophie peut apparaître. Il s’agit d’un trouble de la microcirculation accompagné de douleurs et « d’ostéoporose ». Ce trouble guérit lentement sur plusieurs mois. Une cicatrice disgracieuse peut exister malgré une technique de fermeture cutanée éprouvée. Le retard de consolidation de l’os ou de la greffe osseuse, voire l’absence de consolidation osseuse, appelée pseudarthrose peut apparaître.

L’altération d’un implant ou d’une prothèse par usure, luxation, rupture ou descellement est toujours possible :
L’usure de la prothèse se produit toujours et peut conduire à un changement partiel ou complet de la prothèse dans les années qui suivent. La prothèse est collée dans l’os. Lorsqu’elle se décolle (descellement), cela peut entraîner des douleurs et nécessiter un changement de votre prothèse.

Un descellement précoce peut parfois se produire en cas de surcharge de poids, d’une utilisation trop intense ou parfois sans raison particulière, et nécessiter un remplacement de la prothèse avant le délai prévu initialement. La rupture de la prothèse peut survenir, soit à la suite d’une chute, ou de manière exceptionnelle, spontanément.

Le risque infectieux :

L’infection est particulièrement préoccupante en orthopédie. Une infection du site opératoire peut se produire malgré une prévention systématique. Ce risque est accentué par une fatigue générale ou une maladie infectieuse. Ce risque sera majoré si vous êtes atteint de diabète, ou si vous consommez des médicaments diminuant l’efficacité de vos défenses immunitaires, comme des corticoïdes. Une mauvaise hygiène n’est pas simplement compensée par une douche la veille de l’opération. C’est également un risque d’infection supplémentaire. Si l’infection reste superficielle, un traitement par des pansements et des antibiotiques sera nécessaire.

Une infection plus profonde nécessitera une nouvelle intervention. Il s’agira soit d’un lavage de la prothèse, soit de son changement, ou de la mise en place temporaire (pendant un ou plusieurs mois) d’une prothèse provisoire avec des antibiotiques. L’infection peut survenir dans les jours qui suivent l’opération mais surtout longtemps après. Dans les années qui suivent, l’infection peut s’étendre à la prothèse à partir d’un panaris, d’un abcès dentaire, d’une infection urinaire, d’une plaie non soignée au pied. Vous devrez soigner sans délai toute infection de votre corps même plusieurs années après la pose de votre prothèse.

Le résultat décevant :

Indépendamment des complications post opératoires, il est possible que le résultat ne soit pas à la hauteur de ce que vous attendiez ou qu’il soit obtenu plus lentement que prévu. En effet, les interventions orthopédiques, même parfaitement effectuées, ne donnent pas de résultats uniformément et systématiquement bons dans tous les cas. Un état psychologique défaillant peut altérer la qualité du résultat objectif. Enfin, les conséquences de l’acte chirurgical peuvent retarder ou modifier les conditions de votre réinsertion professionnelle. Parfois le résultat imparfait peut nécessiter une reprise chirurgicale. Votre prothèse comporte des implants métalliques susceptibles de déclencher des portails aéroportuaires de sécurité.

Vos obligations en tant que patient :

Au décours de l’intervention, après votre sortie de la clinique, vous devez informer votre chirurgien de tout événement indésirable. Votre prothèse justifie une surveillance régulière auprès de votre chirurgien. A 6 semaines, on apprécie la bonne restauration des amplitudes articulaires et la reprise des activités domestiques. Le contrôle à 3 mois permet de confirmer éventuellement la réhabitation définitive des implants. Enfin un examen est systématique au 6ème mois et à un an après l’intervention. L’observance des règles d’hygiène, en particulier vis-à-vis du risque infectieux doit accompagner votre prothèse tout au long de votre vie.

Le docteur VILLEMINOT vous conseille de lire ce document et d’en parler avec votre famille ou votre Médecin Traitant, le cas échéant.

La Chirurgie Orthopédique est rarement vitale, le but étant d’améliorer votre confort de vie. Il faut donc bien peser les bénéfices attendus et les risques encourus. L’équipe Chirurgicale est prête à rediscuter de ce sujet avec vous.

Les lésions méniscales du genou

Les ménisques sont des petites cales de cartilage, qui s’intercalent entre le femur et le tibia.

Il existe deux ménisques dans chaque genou : un ménisque interne et un ménisque externe. Ces ménisques ont une forme de croissant. Leur rôle est d’augmenter la surface de contact entre les parties articulaires du fémur et du tibia, afin de diminuer les contraintes s’exerçant sur le cartilage du genou. Ils participent également un peu à la stabilité du genou.
Comme toute structure cartilagineuse, les ménisques sont exposés aux traumatismes et à l’usure.

On va distinguer deux grandes familles de lésions méniscales :

  • La déchirure ou la rupture traumatique d’un ménisque. Cette lésion est souvent provoquée par un accident sportif (football, basket, ski…). Elle peut également survenir lors d’un accident domestique, par exemple, en se relevant d’une position accroupie. Typiquement, elle entraîne un blocage aigu du genou. Mais dans la grande majorité des cas, il ne s’agit que d’une simple douleur, s’accompagnant d’un gonflement de l’articulation.
  • L’usure progressive du cartilage méniscal (méniscose). La douleur peut apparaitre sans cause déclenchante retrouvée. Cette douleur est souvent fluctuante dans le temps et dans son intensité. Il peut s’y associer des phénomènes de ressaut et de blocage, ainsi qu’un gonflement de l’articulation.

Dans un certain nombre de cas, ces deux types de lésion peuvent être associés.

Il n’y a pas d’obligation à vous faire opérer d’une lésion méniscale. C’est à vous de prendre la décision, en concertation avec votre chirurgien, en fonction de votre gêne ou de votre douleur. La décision n’appartient qu’à vous seul. Personne ne peut être gêné ou avoir mal à votre place… Si vous jugez que la situation n’est plus supportable en fonction de ce que vous souhaitez faire avec votre genou, vous demanderez à votre chirurgien de vous opérer, ce dernier validant la pertinence de votre demande.

Il n’y a pas d’obligation à vous faire opérer d’une lésion méniscale. C’est à vous de prendre la décision, en concertation avec votre chirurgien, en fonction de votre gêne ou de votre douleur.

prothese du genou villeminot

Votre état de santé peut justifier la réalisation d’une arthroscopie de genou. Cette fiche est destinée à vous expliquer le but de l’intervention, la façon de procéder et les précautions d’usage nécessaires à toutes les interventions chirurgicales.

Qu’est-ce qu’une arthroscopie de genou ?

Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui, grâce à l’utilisation d’une fibre optique et d’une caméra vidéo miniaturisée, va permettre de réaliser une exploration de l’intérieur de votre genou (dans l’articulation). Des instruments miniatures permettent le traitement de la pathologie de votre genou. Il s’agit le plus souvent du traitement d’une lésion du ménisque interne, externe, ou des deux ménisques, ou le traitement d’une lésion du cartilage.

Une arthroscopie n’est plus indiquée dans le traitement de l’arthrose (usure progressive du cartilage). En principe cette intervention ne nécessitera que 2 ou 3 incisions de moins de 1 cm sur de votre genou.

Avant la réalisation de l’arthroscopie

Il est important de signaler toute allergie aussi bien générale que cutanée, du fait des produits qui vont être utilisés pour la désinfection cutanée.

Les jours qui précédent l’opération :

Signaler tout problème infectieux avant l’opération, au chirurgien et à votre médecin, et faire les examens complémentaires nécessaires (Par exemple : en cas de brûlures urinaires, de fièvre inexpliquée, d’une toux grasse, d’une angine, d’une infection de la peau, etc…).

Respectez les règles suivantes :

Votre intervention prévue prochainement impose des précautions pour réduire le risque d’infection post-opératoire. Pour réduire au minimum ce risque, nous vous demandons de prendre les PRÉCAUTIONS suivantes :

Le matin de l’opération :
  • Retirer avant l’hospitalisation, tous vos bijoux (bagues, piercing éventuels…) et ne pas les remettre jusqu’à votre sortie de l’hospitalisation.
  • Retirer avant l’hospitalisation, tous les éléments de maquillage (vernis à ongles, fards, etc…).
  • Changer les draps de votre lit pour des draps propres la veille de votre opération.
  • Pour votre confort lors des changements de pansement, il serait préférable d’éliminer de trop long poils qui pourraient être arrachés avec le pansement. Une TONTE mécanique non irritante, la plus restreinte possible, est conseillée : pas de rasage avec une lame qui blesse la peau qui constitue alors un « nid à bactéries ».
  • Prendre une DOUCHE COMPLÈTE (y compris cheveux) au savon doux en vous lavant méticuleusement à deux reprises, en insistant sur les aisselles, l’ombilic (nombril), la région urogénitale et les pieds. Il faut bien faire mousser et rincer le savon. En cas de difficulté, vous pouvez solliciter de l’aide.
  • Pour vous essuyer, prenez une serviette propre qui sort de l’armoire.

Habillez-vous uniquement avec des vêtements parfaitement propres dès la veille de l’opération (sous-vêtements et chaussettes inclus). Ces vêtements doivent sortir de l’armoire.

Comment va se dérouler cette intervention ?

Elle se déroulera sous anesthésie générale ou sous rachi-anesthésie (anesthésie locorégionale). L’opération se déroule sur le dos. Seul votre genou préparé est visible, le reste de votre corps est protégé par des champs stériles. Sous arthroscopie, avec de petites incisions de la peau d’environ 1cm, le chirurgien va introduire une caméra reliée à une fibre optique dans l’articulation et nettoyer le cartilage ou les ménisques abîmés à l’aide de petits instruments d’environ 4 mm. A la fin de l’intervention, le genou sera infiltré avec un anesthésique local afin de gérer au mieux la douleur post-opératoire.

Après l’intervention

Vous serez conduit en salle de réveil où vous serez surveillé jusqu’à votre réveil complet. Vous regagnerez votre chambre lorsque la douleur post-opératoire sera considérée bien contrôlée. Votre genou sera éventuellement refroidi pour lutter contre l’inflammation avec une vessie de glace. La peau restera protégée de la glace par un tissu fin pour éviter un équivalent de brûlure de la peau. Votre prise en charge sera ambulatoire. Vous quitterez la clinique rapidement après l’intervention, dès que vous vous en sentirez capable.

Les jours suivants l’opération

On peut observer un gonflement de l’ensemble du genou qui disparaît en quelques jour, ou semaines. On peut voir apparaître, de façon normale, un hématome sous la peau. Il n’y aura pas de rééducation prescrite de façon systématique. Vous devrez marcher et bouger, autant qu’une vie quotidienne normale le nécessite. Ce sera votre meilleure rééducation.

Les fils ayant servis à fermer les incisions sur la peau sont des fils résorbables. Il n’y a pas besoin de la retirer. La résorption peut prendre jusqu’à 3 semaines. Vous pourrez reprendre vos activités sportives quand vous vous en sentirez capable. Il n’y a pas de délai spécifique à respecter. Ce sont vos sensations, votre gêne ou votre douleur qui doivent vous guider.

Quels sont les résultats à attendre de cette intervention ?

Cette intervention a pour but d’améliorer la fonction du genou, en diminuant la douleur, la gêne, ou en supprimant un blocage, par traitement d’une lésion d’un ou des deux ménisques.

La reprise complète d’une activité de vie quotidienne normale, ainsi qu’une activité physique et sportive sont possibles très rapidement. Pour juger au mieux du résultat de l’intervention il faudra attendre au moins un mois.

Les complications possibles

Tout acte chirurgical comporte un risque qu’il soit bénin ou grave, fréquent ou exceptionnel. Lors de la consultation, votre chirurgien vous a indiqué que l’intervention proposée était opportune en comparaison aux autres traitements possible de la maladie (médicaments contre la douleur, anti-inflammatoires, repos articulaire, mise en décharge, pratique d’une rééducation, immobilisation temporaire, infiltration…). La Loi, le Code de Déontologie et la Jurisprudence font obligation au corps médical de vous donner une information claire et précise sur cette intervention mais également sur les complications possibles, qu’elles soient fréquentes ou exceptionnelles.

La consultation est un moment privilégié de discussion mais peut-être n’avez-vous pas retenu toute l’information délivrée oralement. Le mental, la volonté de guérir, la motivation et le respect des traitements prescrits sont des facteurs importants, nécessaires voire indispensables au bon rétablissement! Le taux de complication est faible. Il varie en fonction de votre âge, de votre état de santé (hypertension artérielle, diabète, insuffisance rénale, cirrhose, tabagisme, excès de poids, allergies, ostéoporose, anomalies anatomiques, pathologie cancéreuse, etc). Il est difficile de donner des pourcentages de complications car les risques dépendent essentiellement de la réactivité propre de chacun. Tout le monde sait par exemple que le diabète ou une baisse des défenses immunitaires augmente les risques opératoires.

Quelles sont les complications possibles ?

Comme toute intervention chirurgicale, un exceptionnel accident d’anesthésie reste possible. Les risques liés au type d’anesthésie vous seront exposés par l’anesthésiste en consultation. Un caillot de sang dans une veine (phlébite) peut être une complication grave et le déplacement du caillot sanguin dans les poumons (embolie pulmonaire) peut entraîner un décès. La phlébite peut survenir du côté opéré comme du côté opposé. Pour éviter cette complication, le lever précoce le jour de l’intervention et la marche régulière dans les jours qui suivent sont importants.
Si vous présentez des risques particuliers, cette complication peut être prévenue par la prescription d’un médicament anticoagulant tous les jours pendant une période déterminée avant l’intervention par le chirurgien ou l’anesthésiste.

Si vous avez des antécédents cardiaques ou pulmonaires, il faudra nous les signaler avant l’intervention. Il peut également se produire une infection superficielle ou de l’articulation qui peuvent nécessiter des antibiotiques, voire une nouvelle intervention de lavage du genou. Dans des cas exceptionnels, il peut se produire une blessure d’un nerf, d’une artère ou d’une veine. Dans les suites opératoires, ou à l’occasion d’un nouveau traumatisme, une nouvelle lésion du ménisque ou du cartilage peut se reproduire. La liste ne peut être complète. Toutes ces complications peuvent donner lieu à de nouvelles interventions plus ou moins précoces et peuvent parfois laisser des séquelles définitives.

Le résultat décevant :

Indépendamment des complications post opératoires, il est possible que le résultat ne soit pas à la hauteur de ce que vous attendiez ou qu’il soit obtenu plus lentement que prévu. En effet, les interventions orthopédiques ne donnent pas de résultats uniformément et systématiquement bons. Parfois le résultat imparfait peut être lié à une récidive de votre pathologie imposant une reprise chirurgicale. Par ailleurs, un état psychologique défaillant peut altérer la qualité du résultat objectif. Enfin, les conséquences de l’acte chirurgical peuvent retarder ou modifier les conditions de votre réinsertion professionnelle.

Les obligations du patient :

Le praticien m’a également précisé qu’après ma sortie de l’établissement, au décours de l’intervention, il doit être informé de tout événement post-opératoire ainsi que des éventuelles questions relatives à mon état fonctionnel. D’une manière générale, les complications, même exceptionnelles sont la contrepartie de l’efficacité des traitements qui vous sont proposés. D’autre part, la plupart de ces complications guérissent sans séquelles, d’autres nécessitent une ré intervention chirurgicale ou un traitement approprié. Votre chirurgien vous conseille de lire ce document et d’en parler au besoin avec votre famille ou votre médecin traitant.

La rupture du ligament croisé antérieur du genou

Le ligament croisé antérieur (LCA) et le ligament croisé posterieur (LCP) sont tendus au centre du genou entre le tibia et le fémur. Ils assurent la stabilité du genou. Le ligament croisé antérieur contrôle l’avancée et les rotations du tibia par rapport au fémur.

Une entorse est un étirement ou une rupture d’un ligament. Elle est dite bénigne lorsqu’il s’agit d’un simple étirement ou grave lorsqu’il s’agit d’une rupture ou d’un arrachement. Une entorse décrira toujours le ligament qui a été blessé. L’expression « entorse du genou » ne veut rien dire puisque le genou n’est pas un ligament, mais une articulation.
Une rupture du ligament croisé antérieur est donc une entorse grave du ligament croisé antérieur du genou.
Sans ce ligament, la stabilité n’est plus assurée correctement : il existe des risques d’instabilité du genou.
La rupture du ligament croisé antérieur peut être isolée, ou associée à des lésions des ménisques, des ligaments latéraux, ou à des lésions cartilagineuses.

Le diagnostic est réalisé, dans la grande majorité des cas, par l’explication du traumatisme subi et par l’examen clinique du genou. Il existe des manœuvres simples et souvent non douloureuses qui permettent un bilan lésionnel des ligaments atteints, et de préciser si le ligament croisé antérieur est rompu.
Cet examen clinique est très fiable à partir du moment où il est réalisé par un chirurgien expérimenté et habitué à la pathologie du genou.
Une radiographie simple est demandée systématiquement afin de dépister une éventuelle atteinte osseuse associée.
En cas de diagnostic difficile ou de doute diagnostique, une imagerie par résonnance magnétique (IRM) peut être demandée. Elle n’est pas forcément systématique, et peut être décevante quant à l’exactitude des lésions, ou non, décrites.

Le ligament croisé une fois rompu, ne peut être ni suturé ni réinséré : les fibres se rétractent. Une fois rompu il ne peut pas être réparé mais seulement remplacé.

Le diagnostic ne peut reposer sur la seule imagerie. Le diagnostic de certitude est avant tout lié à l’examen clinique du genou.

Pourquoi devoir remplacer le Ligament Croisé Antérieur ? Quels sont les symptômes de la rupture ?

L’entorse grave du ligament croisé antérieur survient souvent lors d’une rotation forcée ou d’une hyper-extension du genou. Parfois, le traumatisme est peu important. La douleur, lors du traumatisme peut être variable. La notion d’un craquement et/ou d’une sensation de déboîtement sont très fréquemment décrits par le patient. Un gonflement du genou (épanchement) apparaît rapidement, dans les 12 ou 24 premières heures, mais peut exceptionnellement absent. Votre genou retrouvera une apparence et un volume normaux, en moyenne, quinze jours après la rupture.

Lors de certains mouvements, notamment les mouvements de rotation, le genou risque de se dérober ou de se déboîter, c’est l’instabilité du genou. Il est habituel de dire que cette instabilité peut être compensée partiellement par un travail musculaire. Mais les muscles ne remplaceront jamais complètement un ligament rompu. Lors de la vie quotidienne, la gêne peut être modeste, voire absente. Par contre, cette instabilité risque de devenir invalidante dans la pratique sportive.

La pratique du vélo ou de la natation (en dehors de la brasse) est rarement gênée par l’absence de ligament croisé antérieur. Dans une moindre mesure, la course à pieds sur terrain plan, reste possible. Par contre, tous les sports qui nécessitent des changements de direction rapides et soudains (football, hand-ball, basket-ball…) ou les sports sollicitant les genoux (ski), deviennent difficiles à pratiquer. Certaines personnes auront néanmoins la possibilité de faire ce type d’activités physiques sans ligament croisé antérieur. C’est très rare, et pour des activités plutôt légères.

La pratique professionnelle peut également être perturbée par cette instabilité pour les métiers dits « physiques ». L’instabilité peut être dangereuse si le travail implique une évolution sur des terrains instables ou en cas de travail en équilibre précaire (métiers du bâtiment, maintenance…).

Il faut également prendre en compte que l’absence de ligament croisé antérieur favorise une usure prématurée de l’articulation. L’usure de l’articulation et de son cartilage (lésion méniscale, arthrose) est irréversible.

L’intervention permettant de refaire un nouveau ligament croisé antérieur (ligamentoplastie), permet d’empêcher l’instabilité et de ralentir ou stopper l’usure anormale de l’articulation.

La décision de remplacer le ligament croisé antérieur rompu (ligamentoplastie) ne peut être prise que par le patient lui-même. Cette décision doit dépendre de l’instabilité ressentie, du risque d’usure, et de la volonté du patient de solliciter son genou, ou non. Ce n’est pas au chirurgien, au médecin traitant, ou à l’entourage du patient de décider d’opérer ou de ne pas opérer. Le chirurgien doit donner l’intégralité des éléments et répondre à toutes les questions du patient, pour que se dernier choisisse la solution la plus adaptée pour lui. Quoiqu’il en soit, l’intervention n’est jamais indispensable.

L’âge ne constitue pas un facteur limitant à la chirurgie. Il est de plus en plus fréquent de vouloir faire du ski après 60 ans, et faire du ski sans ligament croisé antérieur est souvent difficile. Il n’y a aucune raison de refuser cette chirurgie à un patient sous prétexte de son âge. La cicatrisation et la récupération dépendent plus de la volonté du patient que de son âge. À l’opposé, une rupture du ligament croisé chez un jeune de 25 ans qui ne souhaite que « regarder la télévision » ne conduira pas nécessairement à une prise en charge chirurgicale.

Quand faut-il opérer ?

Il n’existe pas de délai minimal à respecter avant la chirurgie. L’intervention peut être réalisée dans les jours qui suivent la rupture ou être différée, en fonction de la volonté du patient. La chirurgie peut avoir lieu rapidement (quelques jours), ou dans les semaines qui suivent le traumatisme. On peut également décider de différer la chirurgie de plusieurs mois.
En règle générale, les patients sportifs vont préférer une intervention rapide. Les patients plus « sédentaires » vont différer la chirurgie et évaluer à distance l’existence d’une instabilité gênante sur leur genou. Ils prendront secondairement la décision opératoire. La technique chirurgicale et les résultats de la chirurgie sont identiques quel que soit le délai opératoire après la rupture.

Les interventions très tardives, plusieurs années après la rupture du ligament croisé, présentent malgré tout des risques de résultats décevants ou insuffisants plus importants, du fait de l’installation d’une instabilité chronique et du risque d’apparition de lésions d’usure.
La durée de l’arrêt de travail consécutif à la rupture et à la chirurgie peut également être un facteur influençant le moment de la chirurgie : après une rupture du ligament croisé, si le patient exerce un métier physique, il lui sera très difficile de travailler pendant au moins 2 à 3 semaines. Le fait d’intervenir rapidement permet de confondre cette incapacité de travail avec l’incapacité post-chirurgicale. Cela réduit de manière significative l’incapacité professionnelle. S’il est décidé de différer la chirurgie, dans ce cas, les arrêts de travail liés au traumatisme puis à la chirurgie devront être additionnés.

Technique chirurgicale

Le but de l’intervention chirurgicale est de reconstruire un nouveau ligament croisé antérieur en lieu et place de l’ancien ligament rompu. Les techniques chirurgicales pour reconstruire le ligament croisé antérieur diffèrent essentiellement par la nature du tissu prélevé pour reconstruire le ligament : partie du fascia lata, tendon rotulien, tendons des muscles droit interne et demi-tendineux (DI-DT, ou tendons de la « patte d’oie »).

Le Dr VILLEMINOT utilise la technique de MacIntosh au Fascia Lata modifiée par Jaeger, sous arthroscopie. Le transplant (tissu utilisé pour refaire le ligament) est constitué de Fascia Lata. Le Fascia Lata est une aponévrose (pellicule épaisse recouvrant un muscle) de la partie externe de la cuisse, juste au-dessus du genou. L’intervention est réalisée dans un bloc opératoire hyper aseptique sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Elle dure environ une demi-heure. Le chirurgien examine systématiquement le genou sous anesthésie et confirme l’indication chirurgicale avant d’inciser.

L’intervention permet également le dépistage d’une atteinte cartilagineuse ou méniscale associée. Si une lésion méniscale est mise en évidence, elle serait traitée dans le même temps. L’intervention comporte 3 petites incisions sur l’avant du genou, et une incision se situe sur la partie externe du genou et la cuisse. Elle mesure entre 6 et 10 cm, en fonction de la taille du genou et de la difficulté opératoire. Cette incision permet le prélèvement du futur nouveau ligament croisé antérieur. Le chirurgien réalise des tunnels à travers l’os du fémur et du tibia selon des paramètres très précis. Ces tunnels permettent le positionnement et la fixation du nouveau ligament croisé.

La fixation est assurée par une vis dans le tunnel tibial. Cette vis est en matériau résorbable et ne nécessitera donc pas d’être retirée ultérieurement. Un pansement compressif et une attelle d’immobilisation du genou sont mis en place. A la fin de l’intervention, le genou sera infiltré avec un mélange d’un anesthésique local et d’un anti-inflammatoire afin de gérer au mieux la douleur post-opératoire. Un cathéter (petit tuyau) sera laissé en place dans l’articulation afin de réinjecter le même type de produits le lendemain de l’intervention, pour prolonger l’antalgie post-opératoire.

Préparation avant l’opération

Vous devrez signaler à l’équipe du Dr VILLEMINOT, et à l’anesthésiste, tout problème de santé. Il est important de préciser votre traitement en cours complet et de signaler toute allergie connue. Pour réduire au minimum le risque infectieux, l’équipe chirurgicale vous demande de prendre les PRÉCAUTIONS suivantes.

Les jours qui précédent l’opération :

Vous ne devrez présenter aucune infection dans les 10 jours qui précèdent votre intervention (grippe, angine, panaris, infection urinaire ou de la peau, abcès dentaire, sinusite, toux grasse…). L’apparition d’une infection doit conduire au report de l’intervention.

Signaler tout problème infectieux avant l’opération, au chirurgien et à votre médecin, et faire les examens complémentaires nécessaires (Par exemple : en cas de brûlures urinaires, de fièvre inexpliquée, d’une toux grasse, d’une angine, d’une infection de la peau, etc…).

Le matin de l’opération :
  • Retirer avant l’hospitalisation, tous vos bijoux (bagues, piercing éventuels…) et ne pas les remettre jusqu’à votre sortie de l’hospitalisation.
  • Retirer avant l’hospitalisation, tous les éléments de maquillage (vernis à ongles, fards, etc…).
  • Changer les draps de votre lit pour des draps propres la veille de votre opération.
  • Pour votre confort lors des changements de pansement, il serait préférable d’éliminer de trop long poils qui pourraient être arrachés avec le pansement. Une TONTE mécanique non irritante, la plus restreinte possible, est conseillée : pas de rasage avec une lame qui blesse la peau qui constitue alors un « nid à bactéries ».
  • Prendre une DOUCHE COMPLETE (y compris cheveux) au savon doux en vous lavant méticuleusement à deux reprises, en insistant sur les aisselles, l’ombilic (nombril), la région urogénitale et les pieds. Il faut bien faire mousser et rincer le savon. En cas de difficulté, vous pouvez solliciter de l’aide.
  • Pour vous essuyer, prenez une serviette propre qui sort de l’armoire.
  • Habillez-vous uniquement avec des vêtements parfaitement propres dès la veille de l’opération (sous-vêtements et chaussettes inclus). Ces vêtements doivent sortir de l’armoire.

Suites postopératoires et surveillance

Le jour même après l’intervention

Vous serez conduit en salle de réveil où vous serez surveillé jusqu’à votre réveil complet. Vous regagnerez votre chambre lorsque le réveil sera complet et votre douleur post-opératoire considérée comme bien contrôlée. Votre genou sera refroidi pour lutter contre l’inflammation avec une attelle de spécifique qui exercera un massage par pression alternative et du froid, par circulation d’air et d’eau froide dans un manchon spécifique. Les perfusions seront retirées et le premier lever effectué dès le retour du bloc opératoire. Puisque l’intervention est réalisée en ambulatoire, vous quitterez la clinique pour rentrer chez vous dans les heures qui suivront la chirurgie.

Les jours suivants l’opération

Une réinjection d’anesthésique local et d’anti-inflammatoire dans votre articulation sera réalisée le lendemain de l’intervention grâce au cathéter mis en place dans votre genou. Ceci permet une gestion optimale de la douleur post-opératoire. La rééducation est débutée avec le kinésithérapeute dès le lendemain de l’intervention. Un endolorissement et une faiblesse du genou peuvent être présents dans les jours qui suivent l’opération.

Les seules limitations dans votre rééducation seront une éventuelle fatigue ou des phénomènes douloureux. Vous serez maître de vos mouvements, et personne d’autre que vous ne devra les limiter. Le travail de reprise de la marche avec ou sans béquilles se fera selon vos aptitudes. Vous devrez vous conformer aux recommandations particulières à chaque personne pour la rééducation. Mais si vous avez décidé de vous faire opéré, c’est pour pouvoir retrouver une autonomie maximale. Marchez, bougez, autant que vous le souhaitez ou que vous le pouvez. Le risque de complications est bien plus grand si vous ne bougez pas.

A distance de l’intervention

La rapidité de la récupération post-opératoire peut être très variable d’une personne à l’autre. En moyenne, la reprise de la marche sans cannes, en moins de 15 jours. La reprise du vélo et de la natation est autorisée très rapidement. La course à pied sur terrain plat est possible dès que vous vous en sentirez capable. Tous les sports en pivots (football, basket-ball, ski…) peuvent être repris en fonction de votre ressenti. Il n’y a pas de délai minimum à respecter pour la reprise d’activités physique et sportive. Votre genou, et plus généralement votre corps, vous donneront l’autorisation, ou non.

LES COMPLICATIONS CHIRURGICALES POSSIBLES

Toute intervention chirurgicale est soumise au risque de complication précoce ou tardive. Cette liste n’a pas pour but de vous effrayer, mais elle doit vous aider à prendre conscience qu’une opération chirurgicale est un acte sérieux qui peut avoir des conséquences inattendues.
Le docteur VILLEMINOT souhaite vous délivrer une information précise avant l’intervention pour vous aider dans votre choix thérapeutique. Aucune complication possible n’est passée sous silence. Le risque de voir apparaître une complication dépend du sérieux de votre préparation pré-opératoire décrite au chapitre correspondant. La connaissance que vous aurez de ces risques nous aidera à les prévenir, à les déceler tôt et y faire face pour en réduire les répercussions.

Lors de la consultation, votre Chirurgien vous a indiqué que l’intervention chirurgicale proposée était opportune en comparaison aux autres traitements possibles de votre maladie (médicaments contre la douleur, anti-inflammatoires, repos articulaire, mise en décharge, pratique d’une rééducation, immobilisation temporaire, infiltration…). La consultation est un moment privilégié de discussion mais peut être n’avez vous pas retenu toute l’information qui a été alors donnée. Ce chapitre vous rappelle les principales informations délivrées notamment sur les risques graves y compris vitaux communs à toutes les interventions chirurgicales.

Les risques liés au type d’anesthésie vous seront exposés par les médecins anesthésistes en consultation. La consultation anesthésique préopératoire a pour but de déceler ces risques et d’envisager, au besoin, des bilans complémentaires, des précautions voire de vous contre-indiquer pour l’opération souhaitée. Le taux de complication est faible. Il varie en fonction de votre âge, de votre état de santé (hypertension artérielle, diabète, insuffisance rénale, excès de consommation d’alcool, tabagisme, excès de poids, allergies, ostéoporose, anomalies anatomiques, pathologie cancéreuse, etc…). Il est difficile de donner des pourcentages de complications car les risques dépendent essentiellement de la réactivité propre de chacun. La fréquence des infections est faible, cependant ce risque doit vous être signalé.

Le caractère de chacun, la volonté de guérir, la motivation et le respect des traitements prescrits sont des facteurs importants, nécessaires voire indispensables au bon rétablissement!
Malgré le bilan préopératoire, certaines découvertes durant l’intervention peuvent justifier de la part de votre chirurgien une modification du plan établi initialement et une adaptation du geste chirurgical.

Les complications opératoires

Une fracture du fémur, du tibia, ou de la rotule peuvent être constatés. Ce risque est accentué par une ostéoporose. Cette fracture peut justifier une extension du geste chirurgical pour réparer l’os fracturé (ostéosynthèse). Ceci peut entraîner une impossibilité de s’appuyer sur le membre opéré pendant le temps de consolidation osseuse. L’atteinte d’un nerf, d’un vaisseau, d’un tendon, d’un muscle ou d’un os avoisinant sont des complications possibles. L’atteinte d’un nerf peut entraîner une paralysie plus ou moins complète et une altération de la sensibilité allant de l’anesthésie cutanée, à l’apparition de douleur de type « décharge électrique » dans la zone concernée.

L’atteinte d’un vaisseau (veine ou artère) peut entraîner un saignement nécessitant des transfusions sanguines ou une réparation directe nécessitant de nouvelles incisions. En outre, un saignement très important peut mettre en jeu votre pronostic vital et entraîner le décès pendant ou après l’intervention.

Les complications précoces

Les allergies, les problèmes cardio-pulmonaires, digestifs, neurologiques ou infectieux peuvent survenir, nécessitant une réanimation post opératoire prolongée dont l’issue peut être fatale.

Exemples de complications le plus souvent bénignes :

Les anti-inflammatoires prescrits contre l’inflammation et la douleur peuvent agresser l’estomac entraînant soit une « simple » inflammation (gastrite), soit un ulcère d’estomac. Une désunion de la cicatrice, un hématome ou une nécrose de la peau peuvent apparaître et nécessiter une reprise chirurgicale. Les anticoagulants qui vous seront prescrits pour prévenir les phlébites et les embolies pulmonaires peuvent favoriser l’apparition d’un hématome, d’une hémorragie ou une chute des plaquettes sanguines.

La phlébite est un caillot de sang dans une veine, dont la conséquence la plus grave est le déplacement du caillot sanguin dans les poumons (embolie pulmonaire) qui peut entraîner un décès. La phlébite peut survenir du côté opéré, ou du côté opposé. Cette complication sera prévenue au mieux par une injection d’héparine ou par un anticoagulant oral, tous les jours pendant un temps déterminé par le chirurgien. La marche et le traitement anticoagulant efficace après l’intervention sont le plus souvent les meilleurs moyens d’éviter ces complications.

Les complications plus tardives :

Une décalcification du membre appelée algodystrophie ou algoneurodystrophie peut apparaître. Il s’agit d’un trouble de la microcirculation accompagné de douleurs et « d’ostéoporose ».

Ce trouble guérit lentement sur plusieurs mois. Une cicatrice disgracieuse peut exister malgré une technique de fermeture cutanée éprouvée.

Le risque infectieux :

L’infection est particulièrement préoccupante en orthopédie. Une infection du site opératoire peut se produire malgré une prévention systématique. Ce risque est accentué par une fatigue générale ou une maladie infectieuse. Ce risque sera majoré si vous êtes atteint de diabète, ou si vous consommez des médicaments diminuant l’efficacité de vos défenses immunitaires, comme des corticoïdes. Une mauvaise hygiène n’est pas simplement compensée par une douche la veille de l’opération.

C’est également un risque d’infection supplémentaire. Si l’infection reste superficielle, un traitement par des pansements et des antibiotiques sera nécessaire. Une infection plus profonde nécessitera une nouvelle intervention avec la mise en place temporaire (pendant un ou plusieurs mois) d’un traitement antibiotique.

Le résultat décevant :

Indépendamment des complications post opératoires, il est possible que le résultat ne soit pas à la hauteur de ce que vous attendiez ou qu’il soit obtenu plus lentement que prévu. En effet, les interventions orthopédiques, même parfaitement effectuées, ne donnent pas de résultats uniformément et systématiquement bons dans tous les cas.

Un état psychologique défaillant peut altérer la qualité du résultat objectif. Enfin, les conséquences de l’acte chirurgical peuvent retarder ou modifier les conditions de votre réinsertion professionnelle. Parfois le résultat imparfait peut nécessiter une reprise chirurgicale.

Vos obligations en tant que patient :

Au décours de l’intervention, après votre sortie de la clinique, vous devez informer votre chirurgien de tout événement indésirable. Votre ligamentoplastie justifie une surveillance régulière auprès de votre chirurgien. A 6 semaines, on apprécie la bonne restauration des amplitudes articulaires et la reprise des activités domestiques.

Le contrôle à 3 mois permet de confirmer la cicatrisation définitive des tissus. Enfin un examen est systématique au 6ème mois et à un an après l’intervention.

Le docteur VILLEMINOT vous conseille de lire ce document et d’en parler avec votre famille ou votre Médecin Traitant.

La Chirurgie Orthopédique est rarement vitale, le but étant d’améliorer votre confort de vie. Il faut donc bien peser les bénéfices attendus et les risques encourus. L’équipe Chirurgicale est prête à rediscuter de ce sujet avec vous.